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Le métier

Conformité, validation et surqualité (I)

Auteur(s) : Elie Sloïm

Publié le : 9 mars 2006

Résumé :

Est-il possible et souhaitable pour un site de grande importance ou qui recueille des contenus de la part de ses utilisateurs, voire d’un certain nombre de contributeurs d’atteindre et de conserver durablement la conformité absolue de toutes ses pages aux standards ? Existe t-il des cas où la recherche de la conformité à tous prix peut nuire à la qualité du site ?.

 Conformité aux standards

Lors de la phase initiale de création du référentiel de bonnes pratiques Opquast, nous avons beaucoup échangé avec les contributeurs sur la nécessité d’intégrer ou pas la conformité intégrale aux standards du W3C. Après de longues discussions, il a été décidé d’intégrer la conformité de la page d’accueil au niveau 2 (« Les technologies du W3C utilisées sur la page d’accueil le sont de manière conforme », et la conformité intégrale du site au niveau 3 (« Les technologies du W3C utilisées le sont de manière conforme ).

  • Les choix qui ont été faits s’adaptent–t-ils à tous les cas de figure ?
  • Est-il possible pour un site de grande importance ou qui recueille des contenus de la part de ses utilisateurs, voire d’un certain nombre de contributeurs d’atteindre et de conserver durablement cette conformité absolue aux standards ?
  • La recherche de la conformité absolue ne risque t-elle pas dans certains cas de nuire à la qualité globale du site ?
  • Dans quels cas l’atteinte de la conformité absolue est t-elle possible et souhaitable  ?
  • Comment aménager la règle Opquast de conformité absolue au niveau 3 pour la rendre applicable et réaliste pour tous les services en ligne ?
  • Dans le premier article de cette série, je rappellerai d’une part l’intérêt de la mise en conformité et de la validation. Je mettrai également en évidence l’importance du facteur temps dans cette démarche. Dans le deuxième volet de la série, je montrerai pourquoi la recherche de la conformité absolue peut s’avérer excessive, voire nuisible dans un certain nombre de cas.

     Pourquoi être conforme ?

    Depuis quelques années, je suis un ardent militant de la conformité aux standards. J’ai notamment exprimé mes idées sur la question dans la FAQ décideurs et sur la série d’articles que j’ai publié sur Temesis. Avec un peu de recul, deux idées fortes résument ma position :

  • Quelle que soit la norme choisie, la conformité aux standards améliore la compatibilité des sites avec l’ensemble des navigateurs et améliore la maîtrise des services en ligne. La conformité aux standards constitue une assurance face aux risques d’incompatiblité et face aux évolutions technologiques.
  • La séparation du contenu et de la présentation qu’induit l’utilisation et la conformité à des standards Stricts combinées à l’utilisation des feuilles de style a des effets majeurs sur la qualité du site, que ce soit du point de vue de la qualité produite, de l’évolutivité, de l’accessibilité que de l’efficience des développements.
  • Le chemin de la conformité est riche d’améliorations, à plus forte raison lorsqu’il s’agit de viser la conformité à une norme stricte. Mais au-delà de ces observations qui font de plus en plus consensus, il est essentiel de procéder à une analyse objective de ces principes directeurs en les confrontant avec la réalité.

     Le facteur temps

    Un nouveau venu sur le validateur du W3C qui constate que sa page contient 250 erreurs peut penser à tort que la conformité absolue est hors de portée. Qu’il se détrompe, il est généralement assez facile de mettre une page en conformité. Une simple erreur de code peut en effet générer une multitude d’erreurs au validateur du

    W3C.

    La conformité est un but louable qui peut être généralement atteint sans grande difficulté. Le principal écueil réside dans le temps que l’on a à y consacrer. C’est la raison pour laquelle au-delà des positions de principe, il est essentiel de tenir compte du contexte dans lequel se déroule la mise en conformité.

    La mise en conformité d’un nombre limité de pages (la page d’accueil et les principales sections ou types de pages) est une solution dont les bénéfices sont immédiats et qui permet de se faire une idée du temps approximatif de mise en conformité d’un site. Mais cette méthode a ses limites : dans certains cas, la mise en conformité absolue d’un site, c’est-à-dire de l’intégralité de ses pages peut dissimuler une masse de travail gigantesque.
    Notre expérience sur Opquast.com et temesis.com nous a montré que la mise en conformité répondait à une distribution de Pareto. 80% des problèmes peuvent être très facilement résolus ; Les 20% restants sont dûs à des causes multiples, et demandent d’y consacrer un temps au moins équivalent.

     Les questions essentielles

    L’écueil lié au facteur temps n’est pas du tout négligeable,et puisque le temps est une ressource qui coûte, il importe toujours de se poser la question :

  • Quel temps vais-je passer à me mettre en conformité ?
  • Le temps que je vais passer pour la mise en conformité ne risque t-elle pas de se faire au détriment de la production de contenus et des services ?
  • Les avantages que je vais en tirer sont-ils suffisants et ai-je les ressources pour atteindre l’ensemble de mes objectifs ?

  • Dans tous ces cas, le fait de rechercher ou d’annoncer la conformité absolue de toutes les pages peut nécessiter un investissement considérable, ou encore être ou devenir rapidement mensonger. Dans la deuxième partie de ce dossier, nous verrons si le jeu en vaut toujours la chandelle.

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